Sois un homme!

Dernière mise à jour : 6 juil. 2021

Lors de l’ouverture de mon site web, j’ai choisi de m’adresser à toutes mes sœurs ! Je t’ai dit que je penserai prochainement à toi et sois certain que je ne t’ai pas oublié.

Oui, cet article s’adresse bien à toi !


On ne se connaît pas si bien quand on y regarde vraiment et j’ai parfois du mal à te comprendre.

Toi, c’est l’homme. Celui qui se montre fort, qui jamais ne pleure. Celui dont les silences m’intriguent et qui cache sous son armure de virilité et parfois de brutalité, sa véritable sensibilité.

Pourquoi te dédier ce message aujourd’hui ?

Alors oui mes aïeules t’ont combattu parfois. Elles ont réclamé leur émancipation et elles avaient raison de le faire. J’appelle aujourd’hui moi-même encore à plus d’égalité entre toi et moi! Je milite pour avoir le droit de continuer à être représentée autant que toi dans tous les domaines de mon existence et pour avoir droit au même salaire que toi. J’ai même fait l’objet d’un article au journal local pour ça ! Et j’en était très fière à l’époque.

Mais crois le ou non, je m’intéresse réellement à toi et m’interroge sincèrement sur ce qui te touche. Je suis certes encore bien ignorante mais sache que j’ai des fils !

Et si parfois je remercie la vie de ne pas avoir la responsabilité d'apprendre à mes filles, l’estomac serré, comment se protéger, comment grandir et s’émanciper en tant que femme, avec tous les dilemmes que cela comporte (les laisser s’habiller comme elles le souhaitent ou faire attention à la longueur de leur minijupe), j’avoue que je me demande aussi comment éduquer mes garçons à une masculinité éveillée. Comment vais-je guider mes fils pour les aider à devenir des hommes droits et heureux, épanouis dans leur masculinité ? Comment leur apprendre le respect afin qu’ils sachent être des hommes solides pour leur compagne et pour eux-mêmes, responsables de leurs actes ? Comment faire pour qu’ils intègrent les valeurs du féminisme sans se laisser abuser ?

Je sais bien peu de choses, mais…

Je sais combien pèsent sur toi les injonctions liées à la masculinité. Rester debout, solide et dur, être performant, puissant. En tant que femme je suis soulagée de ne jamais avoir eu à masquer mes larmes, de ne pas avoir eu à monter sur un front qui n’était pas le mien ou de ne pas me sentir obligée de me cacher pour m’écrouler.

Tu te trouves à un carrefour entre deux modèles de société.


Quand ton père t’a appris à être le plus fort, je t’ai demandé d’être sensible. Quand on t’a demandé de demeurer sans peur je te demande de l’écouter et de l’exprimer. Quand je suis toute puissante quand à ma capacité à donner la vie, je te demande de t’incliner. Et toi, tu navigues constamment entre ces deux courants. Tu cherches à trouver ta voie dans un univers ou les repères de tes ancêtres sont bousculés. Et il te semble parfois bien difficile de trouver ta juste place à mes côtés entre la guerrière avide d’ élévation que je suis et la petite herbe délicate que je veux bien te montrer.


Ne vois-tu pas que les failles que tu cherches si bien à dissimuler constituent l’essence même de ta force ? Accepte-les ! Tu n’as rien à me prouver. Donne-toi suffisamment d’amour pour te permettre de t’accepter. Chéris-toi bien assez pour accepter de te tromper sans jamais te juger. Aie le courage parfois de te laisser guider. Prends ma main et oublie un instant où tu vas et qui tu es. Largue les amarres et prends part à ton nouveau voyage…

Il y a longtemps que je t’observe


J’en ai connu des hommes ! Beaucoup. Certains m’ont portée et beaucoup m’ont blessée. Or si j’affirme que j’ai rencontré des sœurs dans la féminité, je clame aujourd’hui que j’ai aussi rencontré des frères sacrés. Des frères d’âme.


On parle de toi aujourd’hui, mais laisse moi un peu te conter mon expérience.

J’ai connu par le passé une longue période de grande détresse. J'avais quitté ma famille pour un nouveau pays. Je travaillais dans de grandes sociétés commerciales où j'avais des responsabilités. J'avais un bon salaire, de beaux vêtements de marque, je roulais dans de belles voitures et m'offrais de coûteux bijoux. Mais je détestais ce que je faisais, je haïssais mon reflet. J'amassais de l'argent que je m'empressais de dépenser. J'étais seule et ruinée intérieurement.

C'est alors dans ces instants, qu'il m’est arrivé de rencontrer ce que tu appellerais des canards boiteux. Des hommes qui semblaient un peu paumés, pas très "princes charmants" sur le papier. Un peu bohèmes, un peu artistes parfois... J’aurais tout simplement tourné les talons si j’avais juste considéré ce qui me sautait aux yeux sur le moment. Certains m’ont d’abord effrayée. Mais toute aussi paumée que j’étais, j’ai appris à les connaître, je les ai observés. Quelques-uns se sont révélés avoir une grande richesse intérieure. J'ai passé du temps à les écouter.

L’un d’entre eux en particulier, sans doute le plus paumé, m’a tendu la main et m’a aidée à reprendre les reines de ma vie quand je me suis retrouvée sans même un toit sur la tête, sans jamais aucune arrière pensée, juste par pure générosité. Je n'ai jamais su vraiment le remercier. Mais au fil du temps j'ai pu déconstruire ma vie boiteuse et me reconstruire une vie à mon image. De loin en loin, je l'ai ensuite observé reprendre pieds dans son existence. Ensemble nous avons grandi.

Mes frères d’âme sont rares. Ce sont ces hommes à qui je peux confier mon amitié sans aucune ambiguïté. Ceux qui savent s’élever et grandir avec moi, ceux qui parlent peu mais qui parlent juste, les trahis qui apprennent à pardonner pour accorder à nouveau leur confiance. Ceux qui remettent en question chaque jour leurs certitudes pour évoluer.

Ces masculins guerriers qui savent combattre sans agresser. Les célibataires, les divorcés délaissés, les pères sans père en proie au doute... ceux qui aiment et élèvent l'enfant d'un autre. Ce sont les résilients qui reviennent de loin et apprennent à guérir leurs blessures pour les dépasser, les créatifs, les libres et les bienveillants. Les anciens amants surgis de nulle part pour t'épauler dans l'épreuve. Ceux qui commettent des erreurs et savent les nommer puis demander pardon.


Alors aujourd’hui, pour une fois, je veux te dédier ce message de gratitude. Montre-toi imparfait vulnérable et tel que tu es dans ton humilité. Sois franc et vrai. Et de tous nos cœurs et de toutes nos forces mes sœurs et moi, nous saurons t’aimer, t’élever et te porter.


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