Savoir abandonner

Le replis stratégique en amour comme au travail n’est pas une manipulation, mais un cadeau qu’on se fait à soi.

On entend souvent qu’il faut être fort et ne jamais abandonner. A l’heure ou la motivation et la pensée positive sont de mise, il faut être patient et courageux. Mais l’abandon, le recul ou le changement de voie ne constituent-ils pas parfois une option plus sage et plus intelligente ?




Oui ! Il faut du courage pour abandonner.

Il y a exactement onze ans, j’ai consciemment et délibérément abandonné ce que je pensais être le plus grand et le plus noble de mes combat. Nous étions en 2010, j’avais 27 ans et je me battais férocement depuis ma majorité pour obtenir réparation après un affront destructeur qui avait gravement dévié le cours de ma vie. J’avais engagé seule un procès qui durait et s’éternisait depuis dix ans et avait déjà connu de nombreux rebondissements. Je passais mon temps à mobiliser des avocats, à apporter des preuves, à rechercher des témoins, à revoir et étudier des procédures. J’investissais des sommes folles car j’avais été victime d’une injustice terrible et il m’était inconcevable de ne pas obtenir raison.

Je voulais gagner pour retrouver ma dignité. Pour enfin pouvoir commencer à vivre. Et ma vie entière tournait autour de ça. Mes relations amicales ne tournaient qu’autour de mes problèmes, mes amours étaient stériles et gangrenées par ma dépression et les réminiscences de mon traumatisme. Je ne construisais rien. Et concrètement rien ne se passait jamais comme je l’attendais.

J’étais impuissante, souvent baladée par les différents juges et avocats. Chaque audience était une insoutenable déception. La dernière était pourtant prometteuse, mais fut terrible et destructrice.

C’est à ce moment qu’un ami me demanda depuis combien de temps j’étais accaparée par ce procès. Je lui répondis que si l’on rajoutait les années écoulées avant ma majorité, cela faisait 11 ans. Il me répondit alors la chose suivante :

« 11 ans sur 27 ans, cela fait plus d’un tiers de ta vie et tu viens de revenir à la case départ. Si tu continues ça va encore durer longtemps. Dans très peu de temps tu auras déjà passé la moitié de ta vie à te torturer pour ce procès. Et pendant ce temps tu n’avances nulle part, tu es malheureuse et tu ne te reconstruis pas. Un jour tu y auras passé presque toute ta vie et tu n’auras rien fait. Est-ce ça que tu veux ? Si tu abandonnes pour essayer d’être enfin heureuse autrement, tu penses vraiment que tu auras perdu plus qu’un simple procès ? Tu auras surtout gagné ta liberté. »

J’ai été scotchée par la simplicité et en même temps la justesse de ce propos. J’ai pleuré toute la nuit. Et le lendemain, j’ai littéralement brûlé tout document qui pouvait me lier à ce procès. J’ai décidé de me faire ce cadeau et d’abandonner. De me libérer. Et je n’ai jamais regretté.

Accepter d’abandonner, c’est faire face à soi-même et aux autres.


C’est un acte de courage. C’est rompre avec une habitude parfois installée.

Mais c’est surtout accepter que l’on a le droit de changer d’avis pour se conformer à sa propre vérité. C’est sortir de sa routine de pensée pour chercher de nouvelles voies et se réinventer.

En effet il y a des défis qui valent la peine d’être relevés et d’autres non. Oui certains m’ont qualifiée de lâche. Mais personne ne mènera tes combats à ta place. Personne ne vivra ta vie pour toi. Tu devras te lancer dans l’inconnu mais c’est aussi ça le vrai courage.




Apprends à prendre du recul pour te poser les bonnes questions et te demander si la victoire t’apporte réellement quelque chose de bénéfique pour toi-même. Où donc se situe la vraie victoire pour ta propre vie ? Et profite de ce temps pour soigner ta personne. Prends soin de toi-même, sois actif pour toi-même.

Que peux-tu faire pour toi-même ?


Demande-toi ce que tu peux faire pour toi même qui te fait du bien, que ce soit faire de la musique, te lancer dans la pratique d’un nouveau sport. L’amour comme le succès arrivent à ceux qui savent avant tout s’occuper de leur propre personne. C’est dans les moments compliqués que l’on trouve les plus belles richesses.


L’une de mes clientes vint me voir un jour pour que l’on étudie ensemble sa relation amoureuse. Elle vivait une relation compliquée avec un homme qui semblait ne pas vouloir s’engager et la laissait souvent sans réponse. Elle s’était déjà battue depuis deux ans pour cet homme qui semblait vivre des états parfois dépressifs et compliqués. Suite à la séance elle décida de ne plus le contacter et de ne plus lui porter autant d’intérêt et se retrouva alors avec beaucoup de temps dont elle ne savait que faire. Elle commença par reprendre la musique. Puis elle s’engagea dans la vie associative. Sa vie devint riche et intéressante. Elle se retrouva vite à la tête d’un collectif. Les gens l’écoutaient, l’admiraient. Elle grandit, pris confiance et elle et à présent personne n’aurait plus douté de ses capacités de leader. Quand cet homme enfin décidé vint à la relancer, elle le trouva gentil, mais bien fade comparé à la vie qu’elle s’était crée. D’une situation malheureuse était sorti un cadeau inestimable : elle-même !

Toi aussi tu peux devenir qui tu es. Ose parfois abandonner.

Dis moi dans les commentaires ce que tu as déjà abandonné. Que cela t’a-t-il appris ? Qu’est-ce que tu y as gagné ?

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